Le collectif
Pourquoi ce collectif
Ce n'est pas une grande installation débattue publiquement qui transforme un territoire. C'est une accumulation de projets moyens, chacun défendable pris séparément.
Le mitage
Les projets de centrales photovoltaïques au sol se multiplient sur le Luberon : Saignon, Lioux, Buoux, Robion, Joucas. Chacun est présenté isolément, à l'échelle d'une parcelle et d'une commune. Chacun est instruit séparément. Personne, à ce jour, ne les regarde ensemble.
C'est ainsi que s'installe ce que d'autres territoires ont déjà connu : un paysage qui s'artificialise sans qu'aucune décision d'ensemble n'ait jamais été prise. On appelle cela le mitage.
Ce que montre la montagne de Lure
Le territoire voisin de la montagne de Lure relève partiellement du même plan de paysage, établi par le Parc naturel régional du Luberon. On y compte aujourd'hui 144 hectares d'installations photovoltaïques, et 533 hectares supplémentaires en projet — près de quatre fois la surface déjà exploitée.
Ces chiffres n'existent que parce que quelqu'un les a additionnés. C'est exactement ce qui manque au Luberon.
Une situation déséquilibrée
De petites communes, souvent sans service d'urbanisme, parfois sans plan local d'urbanisme, se trouvent face à des opérateurs qui mènent des dizaines de projets à la fois et produisent des dossiers de plusieurs centaines de pages.
Ces organisations disposent de moyens financiers et d'ingénierie considérables. Elles démarchent sans relâche les communes rurales et les propriétaires privés, en proposant une rémunération attractive mais déséquilibrée au regard de ce qui est cédé.
Ce déséquilibre n'est la faute de personne : il est structurel. Mais il produit un effet prévisible. Les projets se dirigent vers les territoires les moins outillés pour les examiner, et le débat public, formellement respecté, se tient sur des bases inégales.
Amilub s'est constitué pour réduire cet écart, au bénéfice des habitants comme des élus.
Notre action
- Nous posons à chaque projet les mêmes neuf questions — une grille publique, que chacun peut reprendre et opposer à n'importe quel dossier.
- Nous offrons un lieu d'expression. Dans une petite commune, prendre publiquement position a un coût. Le collectif permet que les réserves s'expriment, se documentent et se portent collectivement plutôt qu'individuellement.
- Nous mutualisons des compétences. Ingénierie, énergie, architecture, agriculture, naturalisme, droit, connaissance du terrain : ce qu'aucun riverain isolé ni aucune petite commune ne peut financer seul.
- Nous regardons le territoire dans son ensemble. Un projet ne s'apprécie pas seul. C'est l'accumulation qui fait le mitage, et c'est à cette échelle que la question doit être posée.